Enseignement. Du fondamental au secondaire…

mars 12, 2007

Le décret Arena ne peut manquer de soulever une troisième question constitutionnelle.  

Ne faut-il pas réserver, au moment de l’inscription dans le secondaire, un certain nombre de places au profit des enfants qui ont accompli leurs études primaires dans le même établissement ? Casimir ou Ludmilla vont à l’école fondamentale Saint-Hadelin. N’ont-ils pas un droit de priorité pour accéder au collège du même Saint-Hadelin ?  

Pour beaucoup de parents, mais aussi de professeurs, c’est le bon sens même. Y a-t-il un motif pour déraciner ces enfants et pour les changer de milieu scolaire à un moment où il y a lieu d’assurer des transitions entre les deux niveaux d’enseignement ?  

Telle était la question que j’avais à l’esprit, mardi 27 février, au Parlement de la Communauté française. Tel est le point sur lequel j’ai interrogé Marie Arena. J’ai relayé les interrogations du Conseil d’Etat qui ne condamnait pas le système mais qui demandait au gouvernement de mieux s’expliquer sur ses intentions et sur ses textes.  

La discussion a permis de mesurer l’ampleur du problème. Y a-t-il un problème de places à l’entrée du secondaire ? Cinquante mille enfants s’inscrivent, chaque année. Mille cinq cents restent dans le même établissement que celui qu’ils avaient fréquenté en primaires. Ce n’est pas beaucoup et des dérogations auraient pu facilement leur être octroyées. Mais, en pratique, les élèves de l’établissement bicéphale seront sans doute en mesure de poursuivre leur cursus dans l’institution dont ils partagent depuis belle lurette le projet pédagogique.  

Selon les meilleures informations, l’offre d’enseignement est satisfaisante dans quatre provinces wallonnes : Liège, Namur, Hainaut, Luxembourg. Le Brabant wallon pose plus problème. Il manque deux institutions complètes d’enseignement. La région bruxelloise a suffisamment de places mais il y a une concentration manifeste autour de quelques établissements d’enseignement. Parfois, c’est pour des raisons pédagogiques – l’enseignement du latin ou des maths est réputé -, parfois c’est pour des raisons linguistiques – l’enseignement en immersion est organisé -, parfois c’est seulement pour des raisons sociales ou culturelles – la mixité sociale est tolérée, sans être encouragée -.    

Le débat a aussi permis d’identifier la nature du problème. Un « droit de suite » pour quelques-uns ? Le décret risque, du même coup, de défavoriser la majorité des élèves qui fréquentent une école fondamentale de proximité – dans un quartier, un village ou une paroisse -. Les priorités procurées aux uns ne peuvent avoir pour objet ou pour effet de porter préjudice au droit des autres d’accéder à l’enseignement secondaire. Le principe de l’égalité des chances peut inciter à ne pas délivrer en l’espèce un privilège à l’entrée.  

Je ne dis pas que ces arguments sont décisifs. Mais je me dis qu’ils méritent d’être pris en considération. Seuls des oppositionnels irréductibles peuvent prétendre, dans ces conditions, que la Constitution est outrageusement violée et que les droits des parents sont irrémédiablement bafoués.

La réalité est pour le moins plus nuancée. Pourquoi ne pas en tenir compte ?

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