Un ministère de la concertation ?

mai 3, 2007

J’ai souvent comparé l’Etat belge à un sous-marin. Lors d’une avarie, il doit être possible de verrouiller les écoutilles, de fermer les chambres de visite et d’installer un système de cloisons étanches. Et d’éviter ainsi que l’ensemble du bâtiment ne prenne l’eau.  

En Belgique, l’étanchéité a toujours été de mise dans l’aménagement des institutions publiques. Le procédé présente  un avantage certain. L’Etat fédéral, chacune des communautés et chacune des régions travaille dans le domaine de compétences qui lui revient. Sans interférence, sans immixtion abusive, sans recoupements inappropriés. De cette manière, pense-t-on, il sera possible d’éviter d’inutiles conflits. « Chacun maître chez soi ». Et tout le monde ne pourra que mieux s’en porter.  

Le système présente pourtant des inconvénients évidents. D’une part, sur un tout petit territoire, les séparations géographiques peuvent rendre impossible la poursuite de politiques cohérentes. Il suffit de penser aux questions de transport (route, rail, air, eau…) autour de Bruxelles. D’autre part, dans des matières qui ont parfois été attribuées selon des découpages subtils, les divisions peuvent aussi rendre illusoire la mise en œuvre de politiques effectives. Il suffit de penser aux questions de santé réparties artificiellement  entre le préventif et le curatif.  

Le système n’est pas viable si un minimum de concertation n’existe pas entre les différents acteurs politiques. Il faut se parler, il faut échanger les projets et les expériences. Il faut s’efforcer de déminer les conflits potentiels. Mais ce qu’on oublie de dire, c’est que la concertation ne s’improvise pas. Elle ne peut rester dans le domaine des bonnes paroles ou des bons sentiments.  

L’idée de la création d’un ministère fédéral de la Concertation vient donc à son heure. Il faut, en effet, qu’au sommet de l’Etat, une cellule politique et administrative puisse être constituée. Il faut qu’elle prenne l’initiative des concertations et, mieux encore, des collaborations qui s’avèrent justifiées. Il faut qu’elle soit le moteur de ce que l’on appelle, au niveau européen, des « coopérations renforcées ».   

Le ministère fédéral de la Concertation ne résoudra pas l’ensemble des problèmes et des conflits qui peuvent se présenter dans un système institutionnel complexe. Mais il offrira au minimum le cadre d’un dialogue entre l’Etat fédéral, les communautés et les régions. Si, du moins, elles acceptent de se parler…

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