YVES LETERME

mai 15, 2007

 

    Il n’est pas une réunion à Bruxelles ou en Wallonie où l’on ne me pose cette question : « Et Yves Leterme ? Est-il fréquentable ? S’il entreprend de former un gouvernement, allez-vous passer sous les fourches caudines qu’il ne manquera pas de vous imposer ? ». J’entreprends de répondre à cette interrogation en formulant trois remarques.

 

     1. – Dès l’instant où, comme le suggèrent les sondages, une formation politique, à savoir le Belang, recueille en Flandre plus de vingt pour cent des intentions de vote et où le CD&V en obtient près de trente pour cent, les sociaux-chrétiens flamands disposent d’une position-clé.

 

     Les bleus et les rouges ne forment plus une majorité en Flandre. Les bleus et les oranges ne sauraient composer une majorité de rechange. Il faut composer une autre majorité. A deux ou à trois. Avec les conséquences que cette nouvelle coalition peut avoir au sud du pays.

 

     Bref, qu’on le souhaite ou non, les chrétiens démocrates flamands occupent une place centrale sur l’échiquier politique. Dans ces conditions, Yves Leterme a de bonnes chances de devenir Premier ministre.

 

     2. – Comme je l’ai expliqué à Vers l’Avenir le 20 avril dernier, sur le plan institutionnel, je me place avec le cdH aux antipodes des idées d’Yves Leterme. A la mi-avril, le CD&V a proposé de réviser l’article 1er de la Constitution pour y supprimer la référence à la forme fédérale de l’Etat et pour y inscrire les principes du confédéralisme qui n’est, chacun le sait, qu’une présentation plus ou moins policée de l’indépendantisme…

 

     Je suis un fédéraliste de coeur et de raison. Je ne puis que dénoncer sur tous les tons ces funestes projets.

 

     Le cdH n’est pas mieux loti que d’autres. Le PS connaît les menaces que le SPA-Spirit fait peser sur le marché de l’emploi. Le MR doit composer avec l’Open VLD qui préconise l’abolition des facilités dans les communes périphériques et la régionalisation de l’impôt des sociétés.

 

     3. – Dans ces conditions, quelle stratégie adopter ? Il me semble que le mot d’ordre est simple : unité francophone. Cette unité a été payante dans le dossier BHV. Pourquoi ne le serait-elle pas pour d’autres sujets institutionnels sensibles.

 

     Il faudra bien céder, dit-on parfois, aux fins de composer durant l’été le gouvernement que les urnes auront imposé le 10 juin. Il n’y a pas lieu de céder à cette forme de chantage institutionnel. Si nécessaire, Verhofstadt II expédiera les affaires courantes le temps qu’il faudra. Nous pouvons nous satisfaire du statu quo institutionnel.

 

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