François Bayrou

mai 24, 2007

Ces derniers jours, j’ai reçu plusieurs courriers portant sur le même objet. L’on m’écrit : « Lors de l’émission Controverse du 6 mai dernier, à la question de savoir où allaient vos préférences, Sarkozy ou Royal, vous avez répondu que vous inscririez sur votre bulletin de vote le nom de François Bayrou. Cette réponse de l’éminent juriste que vous êtes m’a profondément surpris. Ne témoigne-t-elle pas de la politique du cdH de tout faire pour ne mécontenter ni les uns ni les autres ? ».  

Je voudrais répondre à cette question, sur un plan technique et sur un plan politique.   Sur un plan technique, je me suis exprimé de manière elliptique – c’est le lot des interventions télévisées -. Il y a lieu d’être plus explicite par écrit. Contrairement à une idée répandue, le citoyen français ne remplit pas un bulletin de vote « à la belge ». Il n’utilise pas de crayon. Il glisse dans une enveloppe, c’est autre chose, un bulletin reproduisant le nom de son favori.  

Ce qui signifie que, le 6 mai, l’électeur avait cinq choix. Un. Il ne se rend pas au bureau de vote, le vote n’est pas obligatoire. Deux. Il se rend au bureau de vote et remet une enveloppe vide. Il vote blanc. Trois. Il vote nul. Il glisse deux bulletins dans la même enveloppe. Ou il surcharge un bulletin en apposant, par exemple, le nom de Bayrou. Quatre. Il vote Nicolas Sarkozy et glisse le bulletin ad hoc dans l’enveloppe. Cinq. Il fait la même opération pour Ségolène Royal.  Ma réponse à Pascal Vrebos se résumait donc à ceci. En France, même si le vote n’est pas obligatoire, j’aurais été voter. Par principe. Mais j’aurais voté blanc ou nul puisqu’on ne fait pas, pour l’instant, de distinction entre les deux ‘votes’. Il n’y a rien d’inconstitutionnel à pratiquer de la sorte.  

Sur un plan politique, je crois pouvoir dire que le duel à la française n’est pas dans nos mœurs. Il n’est pas dans nos codes, puisque ceux-ci recourent à toutes les subtilités de la représentation proportionnelle dont on sait qu’elle a un effet immédiat : celui de multiplier le nombre des candidats et des partis. Il n’est pas dans notre culture politique. A tort ou à raison, nous nous donnons pour tâche de chercher des compromis, de bâtir des consensus, de jeter des ponts plutôt que de creuser des fossés. 

Dans ces conditions, un parti centriste a son utilité. Pas pour flatter inutilement les uns et les autres. Mais pour procéder, y compris en son sein,  aux arbitrages qu’appelle la poursuite d’une action politique faite pour le plus grand nombre. Pour constituer la trame d’une coalition cohérente, si les chiffres électoraux l’exigent. C’est-à-dire si les électeurs le veulent ainsi.

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